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Hypnose ericksonienne et hypnose classique

Hypnose classique et hypnose éricksonienne ; deux disciplines qui comportent le mot "hypnose". Si ce terme induit une similitude entre ces deux pratiques, celle-ci se limite au terme "suggestion" au sens "suggérer le sujet" pour l'une, "suggérer au sujet" pour l'autre. Certes elles ont le même but thérapeutique, celui de guérir le patient. Pour y parvenir elles font appel à des techniques qui à première vue semblent similaires. Les phases du protocole qu'elle utilisent sont sensiblement les mêmes : l'induction, l'utilisation et le réveil. Cependant à l'intérieur de ces phases le déroulement du travail ainsi que la méthode mise en oeuvre par l'hypnothérapeute sont très différents selon la discipline hypnotique employée.
Il est intéressant de voir de quelle façon ces procédés diffèrent et c'est ce que l'on se propose de faire en étudiant, dans un premier temps, l'hypnose classique pour ensuite aborder l'hypnose éricksonienne.

L'hypnose classique est née, entre autre, des travaux effectués par les docteurs Hyppolyte Bernheim (1837-1919) et Ambroise-Auguste Liebault (1823-1904) de l'école de Nancy et Jean-Martin Charcot (1825-1893) de l'école de la Salpêtrière. A la fin du XIX° siècle ces deux écoles sont en opposition. Charcot considérait comme une névrose les états hypnotiques développés chez les hystériques. Il décrivit ces divers états par l'observation de signes physiques : état léthargique, cataleptique et somnambulique. Pour Bernheim ces phénomènes hypnotiques ne sont pas les signes d'une maladie mentale. Il développe alors la notion de suggestion hypnotique.
Cette forme d’hypnose agit de façon à amener la partie consciente du sujet dans une sorte de léthargie. Son mode d'induction emploie des suggestions très directes du style "dormez maintenant". Le thérapeute dirige le patient de façon autoritaire en lui donnant des ordres, des injonctions et des indications de ce que doit expérimenter la personne. De cette façon et progressivement le thérapeute diminue la vigilance du conscient et induit une dépendance chez le sujet pour finalement se substituer à sa volonté.
Ce type d'induction ritualisée se sert de processus standardisés, globalement les mêmes pour tout le monde. C'est une induction lourde qui peut être codifiée.
Une fois le sujet en état hypnotique, le thérapeute exécute son travail et reste directif. Il dit explicitement au patient ce qu'il veut obtenir de lui, la façon dont il veut voir le symptôme disparaître ou le comportement changer. Pour cela l'hypnotiseur prononce des phrases types telles que "A partir de maintenant la foule ne vous fait plus peur, vous vous sentez bien lorsque vous êtes entouré de beaucoup de personne…" par exemple. Les remèdes pour supprimer le problème sont imposés. On procède à un conditionnement et l'hypnotiseur ne se préoccupe pas de l'intégrité de son patient. En le forçant à tenir une attitude prédéterminé, il s'ensuit un éloignement du sujet par rapport à ce qui le compose. Le libre choix de la personne n'est pas respecté.
Ainsi le sujet est entièrement guidé du début à la fin de la séance. A aucun moment il n'a le choix de la direction à suivre et il ne peut pas non plus prendre de décision, le thérapeute le fait à sa place. Le patient reste totalement passif pendant la séance, il ne fait qu'écouter l'hypnotiseur.
L'hypnose classique ne résout pas foncièrement le problème mais le recouvre par un comportement jugé positif par le praticien. Cela peut entraîner l'apparition d'un nouveau problème ou tout simplement une rechute. C'est pourquoi les résultats obtenus ont des effets limités dans le temps et sont rarement durables.
Les partisans de cette hypnose disent que tout le monde n'est pas hypnotisable. En effet chacun n'est pas forcément disposé à accepter de telles suggestions. Selon certaines études, seulement trente pour cent de la population le serait.
Dans un domaine tout autre que celui de la thérapie, on trouve cette hypnose dans les spectacles de divertissement. En effet elle est adaptée à ce genre de manifestation. L'hypnotiseur n'a pas le problème de la résistance du sujet car c'est lui qui le choisit, et dans une foule il est assez aisé de repérer un candidat idéal. Ce dernier, lorsqu'il est désigné, est très souvent plus que consentant pour se soumettre à l'expérience. Ainsi tous les facteurs sont réunis pour l'hypnotiseur et la réussite de son numéro. Ce genre d'attraction serait impossible à réaliser avec la méthode éricksonienne.

L'hypnose éricksonienne a été mise au point par Milton Hyland Erickson (1901-1980) qui a mis en évidence le caractère naturel et physiologique de l'hypnose. Il va jouer un rôle fondamental en orientant l’hypnose dans une nouvelle direction. Pour lui, afin d’obtenir un résultat, la communication est l’outil privilégié. A partir de cela il met au point une méthode d’hypnose basée sur cet échange (la communication) afin de traiter des cas thérapeutiques. L’hypnose éricksonienne naît ainsi et elle va évoluer tout au long de la vie de son créateur. Elle continue sans cesse son évolution grâce aux nouvelles techniques de communication qui apparaissent et grâce à l'inventivité des thérapeutes qui utilisent et incorporent ces nouveaux outils à la méthode en suivant la philosophie de Milton Erickson.
Son mode d’induction résulte des échanges conversationnels entre l’hypnotiseur et le sujet. Le thérapeute est en constante observation de son patient, il doit agir et ajuster sa pratique selon ce que le sujet lui renvoie comme indications (conscientes et inconscientes). Une relation de confiance doit naître de ces échanges.
Cette induction douce et intuitive se sert des apports du patient (son humeur, ses points de vue, ses modes de perceptions…) et les accepte sans porter de jugement. De cette façon elle s’adapte à la psychologie du sujet et ne rentre pas en conflit avec celui-ci. Son déroulement dépend entièrement de la "composition" de la personne et en ce sens elle est complètement différente suivant les patients et les cas traités. C'est une induction qui ne peut pas être codifiée. Elle doit être courte et simple afin d'entreprendre le travail rapidement.
Une fois la relation thérapeute-conscient-inconscient établie, le travail peut commencer. Les techniques restent dans la lignée de l'induction. Elles ne doivent à aucun moment être en désaccord avec la personne. La relation privilégiée doit être maintenue jusqu'à la fin de la séance. L'intégrité de la personne est respectée. Le thérapeute ne peut imposer des idées, des actes, des façons de penser qui ne conviennent pas au patient car celui-ci reste entièrement conscient et conserve son libre arbitre.
Les procédés pour induire et travailler sont très nombreux. Ce sont des récits, des anecdotes, des métaphores, des suggestions indirectes... Le but ici est d'amener le patient à trouver lui-même les remèdes et les ressources nécessaires à sa guérison. L'hypnose éricksonienne stimule l'inconscient et le sollicite à exprimer des solutions qui conviennent à la personne. Par les techniques citées, on cherche à profiter des expériences du sujet afin que l'inconscient procède à une réorganisation des comportements et à une assimilation qui conduit au changement. Le patient apprend ainsi à entrer en contact avec son inconscient, il apprend une procédure de rééducation et reste indépendant du thérapeute qui le guide et l'encourage à l'action sans le diriger. Cette méthode rend non nécessaire l'analyse de l'origine du problème.
Milton Erickson considérait que : "chaque individu a au fond de lui les ressources nécessaires pour corriger ses troubles, et que son inconscient fait mieux que nous pour trouver la solution au problème du patient". Ce sont donc les apprentissages inconscients de la vie du sujet qui sont utilisés de manière ordonnée. Pendant la durée de la séance, le patient est actif. Ses actions rendent les résultats durables car c'est bien lui, en alliance avec son inconscient, qui se "reprogramme" intérieurement.
Pour Milton Erickson on peut induire un état hypnotique chez pratiquement tout le monde. La profondeur de cet état n'est pas déterminante pour obtenir des résultats. Il semblerait que la motivation au changement soit un facteur important. C'est pourquoi toute personne motivée a de fortes chances d'être hypnotisable.

Comme nous venons de le voir, les moyens mis en œuvre pour induire l'état hypnotique et la façon dont cet état est exploité sont radicalement différents d'une hypnose à l'autre.
L'hypnose éricksonienne se différencie de l'hypnose classique par le fait qu'elle n'est pas figée. C'est une thérapie humaniste qui s'appuie sur un principe important : le bien-être de la personne à soigner. Soucieuse des désirs du patient, elle respecte son écologie et ses résultats sont durables. L'hypnoanalyse fait encore appel à l'hypnose classique, notamment pour traiter des traumatismes liés à des situations d'urgence. Elle peut aussi s'avérer être efficace pour éviter une douleur aiguë ou pour suggérer la fraîcheur chez une personne brulée. Cependant, en psychothérapie, l'hypnose classique, trop directe, se heurte fréquemment à la résistance du sujet. Son manque d'adaptabilité peut entraîner des effets non désirés et ses résultats ne sont pas probants.

 

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